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J’ai conscience de jouer les grincheux ou les rabat-joie mais je trouve que le bridge file ces temps-ci un mauvais coton. La désaffection, le vieillissement des troupes, la difficulté à soutenir la concurrence de toutes les activités de loisir facilement accessibles avec un banal appareil « connecté », c’est le pain quotidien; mais ces derniers mois, la vitrine des grandes épreuves nationales ou internationales qui devraient concentrer les regards et attiser le fanatisme, m’a paru bien embuée.
Les compétitions françaises, c’est le train-train, en Division Nationale, ce sont, chaque année, toujours à peu près les mêmes qui arrivent en ½ finale avec quelques fâcheries qui cassent et recomposent quelques paires et, à la fin, ce sont les monégasques de Zim qui gagnent, aussi sûrement qu’Anquetil gagnait le Tour de France dans les années 60. Les compétitions internationales perdent en lisibilité et en attractivité en vendant leur âme au diable et en autorisant la participation à quiconque souhaite s’y inscrire. Les ¾ des prétendus Championnats du Monde ou d’Europe sont désormais Open, changent sans arrêt de nom et même le gratin des pros ressent une forme d’écoeurement: Bocchi, interrogé après les World Bridge Series de Sanya en Chine, a déploré l’organisation de ces épreuves qui, du fait de l’éloignement, de la lourdeur des coûts de voyage, d’hôtellerie et d’inscription, ne sont plus accessibles qu’aux pros comme lui qui sont subventionnés par des sponsors et à des dilettantes fortunés. On a aussi le Cavendish qui fait un peu plus de buzz mais pas forcément dans le sens où on voudrait orienter le bridge: on annonce partout qu’il faut casser l’image d’une activité réservée à une élite sociale soucieuse de ne pas se mélanger au vulgum pecus alors qu’il suffit d’un bic et d’un paquet de 52 cartes pour s’y adonner et on exhibe là tout le contraire: le luxe, les paillettes, les liasses de billets qui débordent des poches des joueurs et font l’objet de paris entre les happy few qui ont les moyens de montrer patte-blanche. La sélection par l’argent d’un côté, l’apologie d’un loisir démocratique de l’autre, on y perd son latin.
On a eu aussi, comme chaque automne, la Coupe d’Europe des clubs, une épreuve vraiment « sélective »sur la base du mérite : pas d’inscription libre mais le meilleur club de chacun des 12 pays européens les plus performants (et là, à la fin, c’est toujours l’Italie qui gagne,,,) ; divine surprise, pour la 1e fois depuis longtemps la France avait gagné le droit d’y être représentée (par l’équipe la plus performante de son championnat, en fait le vice-champion puisque le champion, Monaco, n’était pas éligible) et y a même réussi un parcours honorable en atteignant les ½ finale. La mauvaise surprise, c’est que cette compétition qui s’est déroulée sur 3 jours, à Milan, est restée très confidentielle, ne recevant quasiment aucune exposition dans les medias spécialisés.
Tout aussi confidentiellement, se déroulent actuellement, en Chine, les World Mind Games, dont on ne sait plus vraiment ce que cette appellation très galvaudée signifie exactement mais qui réunit 8 équipes nationales (4 Open et 4 Dames) composées de joueurs figurant parmi les meilleurs du monde.

Sinon, les habituelles nouvelles du site ; j’essaie de tenir le rythme d’un problème par quinzaine ; quelques nouveautés, avec un rythme qui n’est évidemment plus celui des premiers jours, dont on peut consulter la liste, en bas à droite de chaque page et une accumulation de diverses informations que j’espère assez originales et profitables aux visiteurs à la recherche d’inspiration.
Enfin, après la parution en librairie en 2011 du tome I du « Tour de la table en 80 donnes », il vous est proposé un tome II au contenu tout à fait similaire mais mis en vente, sur ce site, sous forme électronique, d’une manière inédite et, disons, artisanale. Une nouvelle expérimentation très fruste d’économie on-line, Pour ceux qui sont intéressés, se reporter à    TOME II

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