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la 1e partie de la saison n’a pas été spécialement trépidante. Sur le plan national, les tours préliminaires de diverses épreuves, comme d’habitude et le championnat de France par 4, avec comme toujours aussi les 3 divisions qui se disputent sur 3 week-ends très rapprochés. Enfin presque puisqu’au plus haut niveau, la DN1, le titre ne sera décerné qu’après ½ finale et finale qui auront lieu en janvier. On en a pris l’habitude mais c’est quand-même très particulier: un championnat national, sur le principe du Round-Robin (tout le monde rencontre tout le monde) qui, au lieu de s’étaler sur toute la saison, est concentré en un mois, et où le reste de la saison n’est plus occupé que par les négociations des mutations pour la saison suivante! Sur la scène internationale, ce n’était pas le surmenage non plus, avec seulement à noter la Coupe d’Europe en novembre en Israël. Là aussi, c’est l’équivalent de la Champions League en football mais concentré sur 3 jours. la France qui n’avait  pas réussi à se qualifier (il fallait finir dans les 9 premiers du Championnat d’Europe pour permettre à son club champion national de participer) n’était pas concernée et, comme presque toujours, cela a été un triomphe latin avec un podium: Italie, Italie, Monaco. Je ne m’étendrai pas trop sur le Cavendish qui a eu lieu exceptionnellement à Monaco au lieu de Las Vegas, qui n’est finalement qu’un prestigieux tournoi amical ouvert à quiconque veut y participer et qui, surtout, a les moyens financiers de le faire. Ces jours-ci, la saison se lance aux USA avec le Reisinger à San-Francisco qui réunit tout le gratin international, avec quelques joueurs français qui commencent à se lancer dans ce tourbillon; notons en particulier Thomas Bessis qui, à cette occasion, essaiera de gagner The Race, le classement annuel sur les compétitions majeures US dont il occupe actuellement la tête, après ses grosses performances aux précédents NABC.
A l’occasion de la Coupe d’Europe, on m’a demandé si je trouvais normal le mélange des nationalités observé dans de nombreuses équipes. A vrai dire, cela ne me choque pas. Il s’agissait d’un compétition de clubs, 12 clubs issus de 10 pays (l’Italie, tenante du titre en avait 2 et Israël, hôte de la compétition aussi); on notait un suédois dans le club anglais, un argentin dans l’un des clubs italiens, un espagnol dans le club suédois, 2 hollandais dans le club russe et 2 norvégiens dans le club monégasque. Si on compare à d’autres disciplines, par exemple Arsenal en football ou Toulon en rugby qui ont une majorité d’étrangers dans leur effectif, il n’y a vraiment pas de quoi s’offusquer. Même au niveau des sélections nationales, on voit la Turquie et le Qatar naturaliser des coureurs de fond kenyens et presque toutes les sélections européennes de ping-pong comprennent des joueurs nés chinois. C’est une évolution générale de la société, il n’est pas rare de changer de nationalité au cours d’une vie et d’autres changements qui étaient peu imaginables il y a quelques décennies ou quelques siècles (changer de religion, de sexe, de profession, de nez, de coeur..) sont devenus monnaie courante.
Le bridge suit simplement l’évolution générale et le mélange des joueurs est facilité par les moyens de communication. Il n’est plus nécessaire de rencontrer régulièrement son partenaire pour bien s’entendre avec lui, il est si facile de communiquer instantanément par Internet et Skype et de s’entrainer sur BBO. C’est ainsi que Thomas Bessis, par exemple, n’a aucun mal à être efficace avec ses lointains partenaires le suédois Bertheau ou l’australien Delmonte.
Prenons le cas des norvégiens Helgemo-Helness, considérés par certains comme des mercenaires. D’abord, ils constituent l’une des meilleures paires du monde, disons que dans un classement subjectif, ils seraient classés 3e ou 4e. Ils ont obtenu de nombreux succès, dont une Bermuda Bowl avec la Norvège. Il y a 2 ou 3 ans, ils ont eu un gros problème avec leur fédération, ce qui les a éloignés de l’équipe nationale: ils ont maquillé le résultat d’un match d’une compétition norvégienne; ils devaient jouer un match sur rendez-vous mais, à l’époque ils étaient pris par des obligations internationales et n’arrivaient pas à trouver une date pour le jouer, ce qui les a conduits à se mettre d’accord avec leurs adversaires pour remplir une feuille de match avec un résultat bidon. Le pot aux roses a été découvert et ils ont écopé d’une longue suspension de leur fédération, ce qui les a amené à accepter la proposition de Pierre Zimmermann de s’installer à Monaco, de jouer dans l’équipe monégasque dès qu’ils seraient éligibles pour en faire partie et de participer à plein temps aux activités du club de Monaco, affilié au comité de Côte d’Azur de la FFB. On peut examiner, en détail, ce que cet engagement représente, par exemple, en ce début de saison.
Début septembre, il y avait la Buffet Cup aux USA mais ils n’y ont pas participé. J’ignore si c’est qu’ils n’ont pas été invités à jouer pour l’Europe par le sélectionneur Paul Hackett ou s’ils étaient pris par autre chose.
La semaine suivante, il y avait la finale de l’Interclub à Paris; ils y ont participé dans l’équipe réserve de Monaco, au sein de laquelle ils servaient de locomotive à des joueurs locaux. Résultat très probant: médaille d’argent, derrière… l’équipe fanion de Monaco.
En octobre, ils ne pouvaient manquer de participer, à deux pas de chez eux, au Cavendish de Monaco, tournoi un peu particulier faisant la part belle aux « flambeurs » et organisé par leur employeur. Ils ont fait le travail: victoire par 4 et une place dans les prix (5e) par paires.
Toujours en octobre, ils ont participé aux Championnats de France, de nouveau avec l’équipe réserve de Monaco, en 3e division. Ils ont permis à leur équipe de se maintenir (6e sur 22) mais n’ont pu remplir l’objectif de monter en 2e division pour pouvoir ensuite rejoindre l’équipe première de Monaco en DN1; ils ont quand-même, ce qui était pour eux la moindre des choses dans un champ forcément modeste, remporté le classement Butler de la DN3.
Ensuite en novembre, ils ont représenté Monaco, avec l’équipe-type (eux, Fantoni-Nunes et Multon-Zim) à la coupe d’Europe des clubs à Eilat, où ils ont obtenu une méritoire médaille de bronze.
Enfin, fin novembre, ils viennent de s’envoler pour San-Francisco, pour participer au National US d’automne et, en particulier, essayer d’y remporter l’épreuve phare, le Reisinger.
En résumé, ils se comportent comme des professionnels responsables et ils mouillent le maillot. L’actualité récente dans Roquibridge comprend de nouveaux problèmes de cartes (j’essaie tenir le rythme d’un nouveau tous les 15 jours) et la fin (proche) du feuilleton sur la construction des systèmes d’enchères; j’espère que ces réflexions auront donné à quelques-uns la vocation de ciseler leur propre système.

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