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Les jours rétrécissent, les plages se vident, les bureaux se remplissent et le cycle saisonnier des compétitions de bridge reprend, si semblable, si plein d’imprévus, accompagné de résolutions que personne n’a réellement la détermination de tenir bien longtemps.
La fin de l’été a d’abord connu quelques événements internationaux d’importance. Les World Bridge Games, à Lille, ont vu émerger des talents nouveaux et connu une éclipse des favoris. Les italiens, trop affaiblis, ont été un peu en-dessous de leur niveau habituel; les hollandais se sont montrés plus faillibles à l’extérieur qu’à domicile; les terreurs monégasques ont longtemps donné l’impression d’être irrésistibles avant de connaître un passage à vide fatal; et les américains, malgré Meckwell, sont vieillissants. Ce sont les suédois qui ont tiré les marrons du feu, faisant preuve d’une solidité à toute épreuve. Dans la catégorie Dames, les anglaises ont démontré que c’était vraiment leur année et l’équipe française expérimentale, à laquelle on prédisait le pire en l’absence de ses plus glorieux éléments, a très agréablement surpris en se hissant à la 4e place à l’issue d’une très probante prestation. Dans la compétition Vétérans, la médaille de bronze française est à saluer, même si on avait pris l’habitude de les voir gagner si souvent mais ils ont eu affaire à des hongrois en état de grâce.
L’autre événement était la Buffet Cup. il s’agit d’une confrontation USA contre Europe sur le modèle de la Ryder Cup au golf; Paul Hackett pour l’Europe et Bob Hamman pour les USA sélectionnent chacun 12 joueurs prestigieux, formant 6 paires, et ils s’affrontent durant 4 jours dans différents formats, dont un en mode « individuel ». Ce sont les américains qui ont gagné cette année mais le moins qu’on puisse dire est qu’une compétition destinée à faire de la promo pour le bridge mériterait d’être mieux organisée. Et pourtant, l’épreuve est soutenue par le financier humanitaire (un oxymoron?) Warren Buffet, et en plus, cette fois, elle se déroulait dans son fief d’Omaha dans le Nebraska. Et bien, le programme du match a été modifié en cours d’épreuve, certains joueurs sont partis avant la fin et la retransmission sur BBO a été en-dessous de tout, avec des opérateurs ne connaissant rien au bridge et incapables de suivre le déroulement du jeu. Il n’y a eu que les joueurs et officiels pour se réjouir, en mettant en avant la convivialité, l’accueil chaleureux qui leur était réservé et la qualité des agapes à défaut de celle du match. Rendez-vous dans 2 ans au Pays de Galles.
En France, depuis le début de l’été et encore maintenant, la polémique n’a pas cessé d’enfler sur le mode de sélection de l’équipe nationale Open. Accusations, réponses, mises au point, complaintes, ça ne s’arrête pas, mais on a l’habitude: dans toutes les disciplines la France compte 60 millions de sélectionneurs. Dommage que celui qui, pour une fois, avait été désigné, ne l’ait pas été pour la saison entière. Peut-être en arrivera-t-on un jour à ce que, chacun à sa place, le sélectionneur sélectionne, l’entraîneur entraîne, les joueurs jouent et les journalistes informent…
Pour revenir à nos moutons, le site s’est enrichi d’un nouvel article en cours de parution (en mode feuilleton) sur le mode d’emploi de la construction d’un système d’enchères. De nouveaux problèmes de cartes sont apparus au rythme habituel et, si vous voulez savoir, le tome II du « Tour de la table en 80 donnes » ne devrait pas tarder à sortir de presse, si le grand méchant loup ne le dévore pas avant.

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