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Le printemps commence à ressembler à un printemps, la longue litanie des interminables compétitions nationales touche à sa fin et on attend avec impatience le début d’enivrantes joutes internationales; c’est un peu comme le réveil de la nature matérialisé par l’odeur particulière de l’herbe coupée quand arrivent les phases finales du championnat de France de rugby. Dans quelques jours à peine, ce sera toute l’Europe à Dublin et puis le Monde à Lille. Les cracks seront toujours un peu les mêmes, les italiens seront toujours favoris mais ils seront pour la dernière fois à Dublin dorlotés par la signora Lavazza, alors que dès le mois suivant à Lille ils seront un peu orphelins et laissés à eux-même, à moins qu’ils ne se soient déjà découvert un nouveau mentor aussi « protecteur ». Les équipes de France porteront, et peut-être plus que dans un passé récent, de grands espoirs, dus essentiellement à un sensible rajeunissement des effectifs et à une préparation intensive depuis plusieurs mois. Mais les espoirs ne sont rien et il faut attendre le verdict incontestable d’une compétition aussi longue et classante que ces championnats.
On est souvent tenté de comparer le bridge à des disciplines sportives. Le parallèle est justifié dans la mesure où il s’agit de compétitions et où on est confronté à des adversaires mais il faut se garder de tomber dans des amalgames simplistes.  Pour commencer, le bridge n’est pas une discipline « extrême » comme peut l’être par exemple le décathlon: à la dernière des 10 épreuves, dans le 1500m, l’athlète doit aller au bout de lui-même, courir le plus vite possible, puiser dans ses dernières forces dans un effort extrême. Au contraire, le bridge est plutôt un jeu de précision: il faut à tout moment, jouer juste, ni trop dans un sens, ni trop en sens inverse. Cela s’apparente à des disciplines d’adresse, comme le golf où il faut taper fort dans la balle, mais pas trop pour ne pas trop s’éloigner du trou si la balle n’y rentre pas directement; ou le billard où il faut taper assez fort pour pouvoir faire le point sur la 3e boule, mais juste ce qu’il faut pour, jouant la « carotte », ne pas trop s’écarter de cette boule et ne pas laisser à l’adversaire une position trop facile au cas où on manquerait le point. C’est ce qu’on appelle des jeux de « mesure » à l’opposé des disciplines d’extrême qui demandent d’aller le plus loin possible dans une certaine direction. Curieusement, on entend souvent utiliser au bridge un vocabulaire emprunté aux sports extrêmes, ce qui mériterait sûrement, une étude psychologique: tel joueur ou telle initiative est qualifié de courageux, lâche, volontaire, peureux, etc.. alors qu’en réalité aucune action n’est plus douloureuse ou plus fatigante ou plus difficile pour celui qui la prend. A tout moment, on peut craindre de ne pas faire le meilleur choix, mais il s’agit toujours d’essayer d’être le plus juste possible et les seuls risques qu’on prend sont de perdre des points et de décevoir ses pairs. D’ailleurs, ce ne peut être un hasard si on a des champions du monde de 70 ans, même si on peut cependant attendre de joueurs plus jeunes comme on en trouve dans beaucoup d’équipes nationales, et dans l’équipe française cette année, des qualités appréciables comme une capacité de concentration, une résistance à la somnolence, une soif de réussite et une certaine fraîcheur d’esprit.

Comme d’habitude, un petit récapitulatif des enrichissements éditoriaux à découvrir à travers les pages du site:
* A la rubrique « Technique »-« Articles » quelques nouveaux épisodes du feuilleton traquant les paradoxes.
* De nouveaux problèmes de cartes (19 à 21) sur lesquels se casser les dents (« Technique »-« A table »)
* Une nouvelle rubrique donnant des liens sur des clips ou vidéos ayant trait au bridge; je suis preneur pour en rajouter d’autres qu’on pourrait m’indiquer (« Lectures »-« Video »)
* Toutes les informations pour s’inscrire dès maintenant au stage de la Toussaint à Aspet (places malheureusement limitées) sur « Formation »-« Aspet ».

Enfin, à noter que le tome 2 du recueil de problémes LE TOUR DE LA TABLE EN 80 DONNES est toujours en cours de parution mais qu’en attendant, on peut encore prendre son temps pour finir la série des problèmes du tome 1, ou se procurer le bouquin pour ceux qui ne l’auraient pas encore.

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