La sélection française poursuit son cours. Mercredi soir, déjà 144 donnes et la moitié est passée. Les journées sont longues, à peu près 7 heures quotidiennes de travail; il faut gérer, prendre son rythme, enchaîner les donnes et les matchs en se gardant bien de regarder dans le rétro. Les écarts ne sont pas bien importants et le classement connait régulièrement des soubresauts: on peut se coucher dernier un soir et se retrouver dans la première moitié du tableau au terme de la journée suivante. On est chouchoutés par l’arbitre, couvés par tout le staff de la fédé, on essaie de faire bonne impression devant le sélectionneur qui fait gentîment semblant de comprendre tout ce qu’on lui dit en français et on se souhaite tous une bonne nuit le soir, et on se rencontre parfois le matin dans le tram en rejoignant le « théâtre ». Il y a même plusieurs membres de l’organisation qui m’ont fait le plaisir de me demander mon bouquin!

Il y a évidemment, et quand-même, beaucoup de bridge, des coups insolites, des exploits, des pataqués, des désillusions, des incidents. sur ce coup, le corps arbitral, me voyant désoeuvré entre 2 matchs, me demande mon avis sur ce coup.
A9                   R
D107               R92
AD3                 R954
A10652             RDV43

Les enchères ont été 1SA 2P (Texas T) 3T 4SA 5T 6T
Le problème c’est le (long) tempo de l’enchère de 5T de l’ouvreur. Est-ce que c’est l’indication que l’ouvreur aurait aimé en faire plus? qu’il hésitait à passer sur 4SA? Est-il évident de déclarer 6T sur 5T? Je réponds que tout cela n’est pas si évident, que le répondant avait vraiment une décision délicate, etc…  Sauf que je m’aperçois plus tard que l’ouvreur de 1SA, ce n’est pas la main de gauche mais celle de droite (avec le singleton pique). Et pourtant, je l’avais jouée cette donne, mais avec des enchères très différentes!

Une autre donne improbable:
8                  AD643
V865432       AR
A4               V1083
ARD             53
Je joue 3SA de la main de gauche, après des enchères nébuleuse (la Majeure d’Abord) au cours desquelles le mort a annoncé son bicolore pique-carreau, alors que le déclarant s’est contenté de questionner son partenaire par une salve de relais. Michel Lamongie a alors entamé du 10 de coeur et a fait un bond sur sa chaise en voyant son partenaire défausser. Plusieurs paires ont eu le malheur de s’aventurer trop haut avec ces 2 mains, parfois jusqu’au chelem à coeur, un contrat pourtant très honorable.

Plus que 2 jours à être solide et résistant pour accéder au groupe des 8 paires élues qui constitueront le réservoir des prochaines équipes de France.

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